juillet 27, 2026
Quand on pense au burn-out, on imagine souvent quelqu’un qui s’effondre du jour au lendemain, quelqu’un qui, d’un coup ne peut plus se rendre sur son lieu de travail. Mais qu’on en soit conscientes : cette réaction est souvent plutôt la réaction finale d’une situation qui s’est installée doucement, souvent silencieusement.
T’as peut-être déjà vécu une situation d’épuisement d’ailleurs. Une période où tu continuais de travailler, de publier, d’accompagner tes clients, de répondre aux messages… jusqu’au jour où t’as réalisé que tu n’étais pas vraiment là, plus vraiment dans la joie ni l’élan.
Aujourd’hui, j’avais envie de mettre des mots sur ces mécanismes invisibles qui conduisent peu à peu tant d’entrepreneuses vers l’épuisement.
Au début de ton activité, tout est clair. Tu savais pourquoi tu te lançais, tu connaissais les valeurs et convictions qui t’animais, tu construisais quelque chose qui te ressemblait puis surtout t’avais la flamme, la hargne.
Puis, au fur et à mesure du temps, du quotidien qui s’installe, tu te mets à faire les choses un peu machinalement : tu assures tes missions, tu maintiens ta création de contenus, tu rentres dans une routine… sans jamais vraiment te poser la question du sens derrière tes actions ni te demander si c’est toujours cette direction que tu souhaites suivre.
Petit à petit, ton entreprise continue d’avancer… mais toi, tu t’en sens de moins en moins actrice. Tu suis une trajectoire que tu as peut-être choisie il y a plusieurs mois, sans vérifier si elle te correspond encore aujourd’hui. L’épuisement commence souvent ici : lorsque l’on avance beaucoup, mais que l’on ne sait plus vraiment vers quoi.
L’entrepreneuriat est un terrain de jeu formidable mais c’est aussi un terrain où chacun a un avis sur ce que tu devrais faire : « faut que tu aies une newsletter, que tu crées une offre à petit prix, que tu scales, que tu automatises… ». Sans t’en rendre compte, tu finis par développer ton activité selon ce qu’il FAUT faire et non plus ce que tu VEUX faire.
Et même si on est d’accord pour dire que ces stratégies ne sont pas mauvaises, ce qui est le mieux adapté (et c’est ce qui peut le mieux décupler tes résultats) c’est encore celles qui sont reliées à tes zones de joie, de génie et de confort.
À force d’entendre ce qu’il faudrait faire, tu finis parfois par agir sans même te demander si cela te correspond. Tu passes alors du mode intention au mode exécution. Et là aussi, tu en perds le sens.
C’est le mal que je vois chez beaucoup de femmes que j’accompagne… Eduquées et habituées à être aux petits soins pour les autres, elles se font bien souvent passées au second plan.
Dans ton quotidien, ça peut se voir si : tu adaptes constamment tes horaires à ceux de tes clients, tu acceptes régulièrement des rendez-vous « exceptionnels », tu modifies toute ton offre parce qu’on t’a fait UNE remarque, tu repousses constamment tes vacances parce que « tes clientes ont besoin de toi », tu considères tous les besoins de tes clientes comme des urgences… Rien que d’écrire tout ça, j’en ai gros sur les épaules.
Où te trouves-tu dans l’histoire ? Où se trouve la réponse à tes besoins ? A quels moments y-a-t-il des compromis ?
On nous fait souvent croire qu’une entreprise en bonne santé est une entreprise qui bouge tout le temps alors tu lances peut-être constamment de nouveaux projets, tu changes tes tarifs, tu revois ton positionnement, tu imagine une nouvelle offre… parce qu’en même temps, qu’on se le dise, quand t’es dans la routine : tu te fais chier. 😶
Et je te comprends, la nouveauté, ça a du bon ! Je pense qu’on en est toutes friandes en tant qu’entrepreneuse… mais je pense aussi qu’accepter les périodes plus calmes, prendre du recul, analyser certaines situations ou tout simplement se sentir bien avec la paix, et tout aussi important pour progresser.
Du mal à ralentir sans culpabiliser ? Je t’invite à découvrir ma mini-série audio offerte « A marée basse« .
Ici je ne parle pas nécessairement de repos à 100% mais de temps où tu ne penses pas au business, ni à la prochaine stratégie que tu vas mettre en place, ni au fait que tu « devrais te reposer pour être plus productive ensuite ». Mais vraiment de temps détaché de toute productivité. Juste en étant dans l’être, en te laissant porter par la vie… et peut-être en répondant mieux à tes besoins de repos.
C’est précisément là que le système nerveux peut s’apaiser.
On l’a vu, l’épuisement ne commence pas avec un crash du jour au lendemain. Il commence par des signaux faibles, qu’on a bien souvent trop banalisé et qu’on n’arrive plus trop à regarder : ton irritabilité, une digestion plus difficile, des nuits moins réparatrices, des douleurs aux cervicales…
Chacun a « ses signaux faibles ». Les écouter c’est arrêter de tirer sur la corde en se disant « après je ralentis » mais déjà tirer la sonnette d’alarme pour éviter le pire.
L’épuisement ne commence pas avec un burn-out.
C’est normal de penser que ralentir va te mettre en danger puisqu’on s’est toutes construites avec cette idée qu’il faut « travailler dur pour réussir ». Alors forcément, dans ton imaginaire, si tu ralentis, si tu t’autorises à écouter ne serait-ce qu’une demie journée ton besoin de repos, tu vas perdre des clients, gagner moins d’argent, être moins visible, prendre du retard… et personne ne veut ça.
Pourtant, en tant qu’indépendantes, notre entreprise, la santé de notre entreprise est bien souvent reliée à notre santé à nous, humaines. Si tu rêves de 2h devant Netflix : prends ces 2h devant Netflix. Tu verras que par l’écoute de ton besoin, tu ne t’en sortiras que plus ressourcée.
Souvent, quand je réalise des appels découvertes avec certaines d’entre vous, je vois bien qu’il y a une crainte sous-jacente à celle de ralentir : celle de vous être trompée de voie. Celle de soulever le tapis et de voir qu’il y a tout à recommencer. Mais bien souvent, c’est l’anxiété (et la fatigue) qui parle. Vous savez très bien pourquoi vous faites les choses, vous avez « juste » perdu la réponse sur le chemin. 🫂
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