août 21, 2025
Ces derniers mois, j’ai eu besoin de remettre à plat une notion qui est pourtant au cœur de mon activité : le slowpreneuriat.
Parce que même dans ce courant censé prôner un rythme plus doux, une approche plus humaine du business, les discours divergent. Et avec l’émergence des positionnements “travaille moins et gagne plus”, je me suis surprise à douter, à m’interroger, à me demander si on parlait encore de la même chose.
Alors j’ai pris un temps pour déposer ce que j’entends, moi, par slowpreneuriat. Ce que je défends, vis, transmets.
Quand j’ai commencé à entreprendre en 2020, c’était avec une intention claire : avoir plus de temps pour ma vie perso. Sauf qu’à l’époque, dire ça faisait de moi une extraterrestre. Dans les échanges entre freelances, on parlait d’objectifs, de croissance, de CA mensuel… mais rarement de confort, de limites ou d’avoir du temps (autre que pour le réinvestir dans son activité).
En 2022, quand j’ai adopté officiellement le positionnement de coach en slowpreneuriat, on en entendait très peu parler. On me demandait systématiquement : “mais… est-ce que tu peux vraiment en vivre ?” (ça arrive toujours, mais moins fréquemment).
Au fil des mois, avec l’émergence des discours pro équilibre pro-perso, on a vu fleurir des messages de vente du type : gagne 5K par mois en 25h/semaine. C’est plus doux que le 10K en 10h, mais ça reste, à mes yeux, la même logique de performance. On nous vend une sur-productivité, des automatisations, de la délégation… mais pour moi, ça ne correspond pas vraiment à la philosophie du slowpreneuriat.
Dans mon discours, je refuse de promettre des chiffres. Non seulement parce que je suis bien consciente que je ne peux pas promettre des choses qui ne dépendent pas de mon seul gré mais parce que les besoins financiers de chacun sont personnels.
Et c’est bien là toute la différence d’intention que je mets dans mes accompagnement : une personne = une réalité. Ce qui m’importe c’est d’accompagner les freelances de l’ombre, ceux qui donnent sans compter, qui font tourner les business des autres, qui ne se trouvent jamais assez… à arrêter de pédaler dans la semoule.
Ce dont ils ont besoin, ce n’est pas de doubler leur CA (enfin si, dans certains cas) mais c’est de retrouver de la paix, de la sérénité, de la stabilité. Parce que ce qui leur coûte aujourd’hui c’est l’investissement qu’ils mettent à courir derrière une forme de “toujours plus”.
Je crois que c’est ce qui compte le plus quand on se penche sur le sujet du slowpreneuriat.
On apprend qu’envisager “moins” n’est pas un échec. Que ne pas vouloir scaler ne fait pas de soi une “mauvaise entrepreneuse”. Que construire une activité respectueuse de son rythme, de ses valeurs, de son énergie… est tout aussi ambitieux.
Je me souviens de 2021. Mon objectif principal, c’était de dépasser les 2 000€/mois. Je travaillais sans relâche, je ne posais aucune limite… jusqu’à me faire avoir de plus de 1 500€, pour une mission qui me prenait 20h par semaine (🤡).
Quand j’ai atteint ce fameux palier, j’étais euphorique. Mais la réalité m’a vite rattrapée : atteindre un objectif ne veut pas dire que tout est réglé. Encore fallait-il le maintenir, le stabiliser. Et ça, ça m’a pris un an de plus.
Parce que mon problème n’était pas financier. C’était une question de posture.
Je me perdais dans le syndrome du sauveur, j’avais du mal à poser des limites, je sous-facturais, j’avais parfois trop de clients.
Ce dont j’avais besoin, ce n’était pas plus de CA ou plus de notoriété. C’était d’un cadre.
Ce cadre, il m’a permis de doubler mon chiffre d’affaires… mais ce n’était pas le but. Aujourd’hui, je ne cours plus après “plus”. Je cherche la stabilité, le soutien, le confort (que j’ai trouvé ces dernières années). Ça c’est MON ambition et ça passe par :
Et ce confort-là, je le cultive. Il passe évidemment par des choix : peu d’offres, des projets sélectionnés avec soin, des clientes choisies, ne pas avoir d’équipe, faire des coachings en 1:1…
Je ne veux pas grossir à tout prix. Je veux vivre bien. Être présente à ma vie, stable, alignée.
Ça, pour moi, c’est la vraie réussite.
Le slowpreneuriat n’a pas à ressembler à une version plus soft de l’hypercroissance. C’est un chemin vers une forme d’équilibre, de calme et de présence.
Et si on est plusieurs à tracer cette voie, à questionner les modèles dominants, alors peut-être qu’on pourra ensemble démocratiser un entrepreneuriat plus doux, plus vivant, plus humain.
Si cet article t’a parlé, mon podcast privé (offert) “7 jours pour ralentir” devrait t’aider à faire tes premiers pas vers cette forme de slowpreneuriat.
Et si tu veux soutenir cette démarche, tu peux aussi partager cet article ou noter mon podcast sur ta plateforme d’écoute préférée !
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