septembre 18, 2025
Entreprendre avec de l’anxiété : est-ce vraiment incompatible ?
Quand on pense à l’entrepreneuriat, on imagine souvent quelqu’un de sûr de soi, confiant, prêt à prendre des risques sans trembler. Alors forcément, quand on parle d’anxiété ou de grande sensibilité, beaucoup lèvent les sourcils : « mais comment est-ce possible d’allier les deux ? ».
La vérité, c’est que l’anxiété et l’entrepreneuriat ne sont pas incompatibles. J’irais même plus loin : dans mon cas, c’est l’entrepreneuriat qui a été une vraie bouée de sauvetage. Mais avant d’expliquer pourquoi et comment, je veux poser un cadre clair : je n’ai jamais reçu de diagnostic médical officiel. Pas de TAG (trouble anxieux généralisé) confirmé par un psychiatre.
Ce que je partage ici, c’est mon expérience personnelle, mes ressentis.
Mon histoire avec l’anxiété
Avant l’entrepreneuriat
L’anxiété, chez moi, est apparue très tôt. Enfant, j’avais un grand besoin de contrôle. J’aimais que tout soit ordonné, à sa place.
A l’adolescence, ça s’est transformé en une peur d’être seule à l’extérieur. Je le faisais quand même mais j’étais stressée dans les transports, quand je marchais en solo… aller dans un magasin était une mission impossible (à moins de checker avant sur Google Earth comment les portes s’ouvraient, s’il fallait que je pousse ou tire 😂). Aujourd’hui j’en rigole mais c’était loin d’être drôle à l’époque ! Et puis, à force de prendre ces habitudes et de faire quand même, ça ne me stressait presque plus…
Jusqu’à l’arrivée du coco. Cette fois, c’était l’impossibilité de faire mes courses, la peur du contact, la sensation d’être constamment en danger. Et c’était pas la maladie qui me faisait peur, mais les gens qui se battaient pour le dernier rouleau de PQ. 😶
Mes deux premières années d’entrepreneuriat
C’est pourtant précisément à cette période que je me suis lancée dans l’entrepreneuriat. Après tout, travailler depuis chez moi… c’est tout ce qu’il me fallait ! J’y ai cependant rencontré d’autres formes d’anxiété : celle de ne pas être assez, de faire payer mes prestations trop cher, de faire des bêtises… et j’étais en hyper vigilance, tout le temps.
Et puis il y a eu 2022, cette année où j’ai décidé de dire stop. Je sentais que je m’éteignais de l’intérieur. Bien que je m’affirmais de plus en plus dans l’entrepreneuriat avec ma nouvelle posture de coach, je me sentais contenue.
Alors j’ai tout quitté : mon copain, ma maison, la ville dans laquelle j’habitais et j’ai décidé de tout reprendre de 0, à mon rythme. Ça n’a pas été simple mais j’ai fini par retrouver l’élan de vie qui me caractérisait tant.
Et aujourd’hui ?
Mon anxiété ne s’est pas volatilisée (je ne suis pas sûre qu’on s’en remette à 100% pour toujours). Aujourd’hui, il me reste deux zones sensibles :
- L’anxiété relationnelle dans ma vie personnelle : la peur de faire des erreurs, le besoin d’être aimée, et cette tendance à toujours me remettre en question.
- L’anxiété financière : la peur du manque, de l’instabilité.
Pour la première, j’ai avancé à travers des lectures, de la méditation, un vrai travail thérapeutique, beaucoup d’introspection et des proches compréhensifs.
Pour la seconde, j’ai trouvé plus de sécurité en stabilisant mon activité à partir de 2022, avec des revenus réguliers.
Est-ce que je suis guérie ? Non. Mais j’ai appris à composer avec ça, à reconnaître mes signaux d’alerte, à construire un cadre de travail adapté et surtout à COMMUNIQUER (parce que personne n’est dans ma / notre tête).
Alors, l’anxiété est-elle incompatible avec l’entrepreneuriat ?
On pourrait croire que l’anxiété est un frein. En réalité, elle peut devenir une boussole.
Si je me sens trop sensible pour le salariat, ce n’est pas parce que je suis fragile : c’est parce que j’ai besoin d’un cadre qui respecte mon rythme et mes limites. C’est précisément pour ça que j’ai créé mon entreprise.
Et aujourd’hui, je dirais même qu’elle m’aide. Elle m’a rendue vigilante, empathique, à l’écoute, organisée.
Avec le temps, j’ai appris à identifier mes signaux d’alerte :
- Quand je travaille trop c’est que je cherche à fuir quelque chose.
- Quand je mes pensées partent dans tous les sens, j’ai besoin de plus de structure.
- Quand je tourne en boucle sur un sujet, c’est que ça vient toucher une corde sensible qui n’est pas guérie.
Aujourd’hui, ces signes m’aident à lever le pied avant que ça me revienne en pleine tronche.
Et pour calmer ses vagues, je sais que j’ai besoin de :
- Structurer mes journées avec des rituels rassurants
- Avoir un planning fluide, mais sécurisant
- Garder un œil sur mes finances
- Pratiquer la méditation et la respiration
- En parler, beaucoup, avec mes personnes ressources
- Accepter mes cycles : ralentir quand c’est nécessaire, mais aussi accueillir mes phases d’énergie intense
Clairement, entreprendre de manière slow m’a beaucoup aidée !
Ce que j’aimerais te dire si tu entreprends avec de l’anxiété
Déjà : tu n’es pas seul·e. L’anxiété n’est pas un défaut à corriger, mais un signal à écouter. Tu peux très bien entreprendre avec elle, en construisant ton activité de façon douce et adaptée. Et tu peux même en faire une force, une qualité qui nourrit ton empathie et ta créativité. 🤍


